Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 23:22

Le thème du concours 125 était : le changement. Voici le texte que j'ai écrit à cette occasion.

 

17h35 – l’homme arrive à la gare Montparnasse. Suivent deux molosses portant costume sombre et lunettes noires. L’homme se dirige vers la sortie avenue du Maine où l’attend une 508 grise. Il monte à l’intérieur et s’assoit près de Nicole, sa secrétaire. Les deux gardes du corps le suivent dans une Zafira.

17h50 – la voiture remonte la rue de Rennes et débouche sur le boulevard Saint-Germain. L’homme regarde machinalement à travers la vitre teintée et remarque que les terrasses sont pleines à craquer.  En ce milieu de printemps, Paris a pris un parfum d’été, la ville semble tourner au ralenti, la circulation est fluide. C’est dimanche.

18h14 – la 508  pénètre sous le porche d’un immeuble haussmannien et stoppe dans la cour centrale. Téléphone portable collé à l’oreille, des gens sont là,  qui font les cents pas et ne semblent pas prêter attention à l’homme qui descend de la voiture. Il monte les deux étages qui le conduisent à son vaste bureau.

18h25 – l’homme est assis devant sa table de travail, il réfléchit. Autour de lui, Nicole s’agite,  arrange le vase rempli de roses rouges, lui parle mais il n’entend rien. Elle lui glisse une feuille où sont notés des chiffres. Il jette un œil à la page dactylographiée.

18 h 35 – Nicole lui demande s’il veut quelque chose à boire, un café. D’un geste de la main, il refuse. Il pense à ces dernières semaines, tous ces gens qu’il a rencontrés, à toutes ces phrases qu’il a prononcées. Il pense à son déplacement aux Etats-Unis qui a été déterminant. Il pense à sa famille, à ses enfants qu’il ne voit plus souvent mais qu’il sait avec lui. Il pense à son ex-compagne, malgré tout loyale depuis ce soir d’octobre.  Il pense à Valérie qui est sans doute dans la pièce à côté,  à l’attendre.

19h03 – Pierre entre dans le bureau et lui tend une liasse de feuilles. L’homme commence à lire l’écriture ronde de son ami, acquiesce  de la tête, dit : c’est parfait.

19h15 – Nicole revient avec une nouvelle feuille couverte de chiffres. Elle dit : on est sûr de nous. Il dit : merci. L’homme se lève et va vers la grande fenêtre qui donne sur la cour. Une foule nombreuse est amassée, la rumeur des conversations monte jusqu’à lui.

19h27 – le téléphone sonne. Nicole décroche, dit : un instant, je vous prie. Puis : c’est lui. L’homme prend le combiné. Il attendait ce moment. Un petit sourire se dessine sur son visage. Il écoute les paroles. Le ton est courtois, sans plus. Il dit : merci beaucoup. Il raccroche.

19h30 – Nicole a allumé la télévision. Un journaliste relate un accident ferroviaire en Hongrie qui aurait fait de nombreuses victimes. La secrétaire s’approche de l’homme, lui demande : ça va ? Il répond d’un sourire. Elle a les larmes aux yeux et se détourne pour cacher son émotion.

19h 57 – Pierre est revenu accompagné de Michel, Bernard et Julien. Ils sont tous autour de lui, un peu trop détendus, lui semble-t-il. Et s’ils s’étaient trompés ?

20h00 – L’homme se tourne vers la télévision. La voix d’un journaliste dit : 3,2,1. L’homme entend son nom et voit apparaître son visage. Un pourcentage apparaît en incrustation. Et soudain, on l’attrape, on l’embrasse, on le serre. Dans la cour, il entend qu’on crie son prénom. A partir de cet instant, l’homme sait que sa deuxième vie vient de commencer.

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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 10:00

Le concours 123 avait pour thème la première phrase d'une chanson de Claude Nougaro : "dans une ferme du Poitou, un coq aimait une pendule".  Mon texte s'est classé 3ème.

 

pendule-coq-et-poule.jpg

      Monsieur Philibert traversa la cour d’un pas décidé. D’un mouvement de tête, il rajusta son jabot avant de pénétrer dans  le poulailler aux dimensions impressionnantes. En qualité de responsable de la ponte des œufs, sa mission première était de veiller à ce que le pointage se déroule sans anicroche.  Il regarda en l’air et constata avec rage que Fifine avait maintenant plus d’une heure d’avance. Fifine, c’était la grosse pendule du poulailler. Philibert sentit quelqu’un effleurer les plumes de son arrière-train. C’était Mademoiselle Josette, déléguée de la  CGPF, Confédération Générale des Poules de Ferme.

        - Dites donc, Monsieur Philibert, il me semble vous avoir déjà signalé que la pendule avance de façon éhontée. Elle n’a plus tout son cadran, que ce soit dit.

        - Je m’en charge, je m’en charge. En attendant, retournez donc dans la file avec les autres.

Ah, celle-là, il aurait bien voulu la noyer dans un bac d’eau bouillante ou pire, la couler dans une chape de béton. Mais pas question de se mettre à dos le syndicat sinon c’était la grève assurée. Il avait encore en mémoire la dernière manif et Josette hurlant : « à bas les cadences infernales ! ».

Philibert étira son cou et, après un cocorico tonitruant, se planta au pied de la pendule.

      - Dis donc, Fifine, tu commences vraiment à me briser les ergots.  Tu étais déjà coutumière des pannes de carillon mais depuis un moment, tu te mets à avancer. Ça devient impossible.

       - Moi aussi, j’ai des choses à dire s’enflamma Fifine. Heure d’hiver, heure d’été, je ne sais plus où donner des aiguilles. Et puis, tout ce bruit ! les poules qui caquettent, qui chantent à longueur de journée, je-n’en-peux-plus ! Ce n’est pas une boutade, je suis en train de sombrer dans la dépression.

       - Bref, tu bats la breloque, ma pauvre, constata Philibert d’un air dubitatif. Je ne vois qu’une solution : la retraite anticipée. A cause de toi, je perds des heures tous les jours. Et des heures, ce sont des œufs en moins dans la production. C’est décidé, dès lundi, je te remplace par  une horloge à affichage digital.

A ces mots, Fifine émis un « dong » si fort et si grave que les murs du poulailler tremblèrent à tomber.  Toutes les poules, celles bloquées dans la file d’attente avec leur carte de pointage et celles déjà en place pour les heures de labeur, furent prises de panique. Ce fut alors une immense envolée de plumes blanches, rousses, grises tous azimuts. Ajoutée à cela, la clameur de plus de mille volatiles, il n’en fallut pas plus pour faire basculer toutes les niches remplies des œufs pondus du matin. En quelques secondes, ce fut une omelette géante.

      - Misère de misère, Fifine, hurla Philibert, tu n’as plus l’heur de plaire à la basse-cour, ta voix sème maintenant le chaos

 Josette, accrochée par la patte à une poutre et les plumes en éventail, s’égosilla  :

       - Je l’avais bien dit, je l’avais bien dit !

Fifine, bien contente de son coup, émit un petit soupir.

       - Alors, je recommence ?

       - Bon, bon, d’accord, je te garde, consentit prestement Philibert,  mais promets-moi de ne plus jamais recommencer.

La pendule fit vivement tourner ses aiguilles en signe d’assentiment et, pour détendre l’ambiance, se mit à carillonner l’air d’une célèbre chanson de Nougaro.

 

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Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 10:29

le  thème du concours 119 était d'écrire un texte mettant en scène un jouet, en incluant obligatoirement les mots suivants : bailler, sonore, carpette, sinécure et poutre.

J'ai écrit un texte qui n'a pas fait l'unanimité puisqu'il s'est classé bon dernier

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Allongé sur la carpette rouge recouvrant le parquet ciré, Jeremy contemple les étagères qui tapissent les murs de sa chambre. A presque 7 ans et né sous le signe de la vierge, l’enfant a développé très vite un sens aigu pour l’ordre et le classement. Chaque chose a sa place : les livres de lecture à la reliure verte ou bleue, puis les bandes dessinées. Ensuite, les albums à colorier et les magazines aux couleurs bariolés. A droite, les jeux de société, les soldats de plomb alignés comme à la parade militaire. Sous la poutre de la mansarde, un grand coffre renfermant tout un tas d’objets hétéroclites et des secrets. Le rangement bien pensé, c’est sa façon à lui de se rassurer, d’avoir des repères et de ne pas sombrer.

Jérémy somnole, baille et porte son regard sur Oscar qui trône au beau milieu de son lit. Oscar, c’est son nounours, son chéri. La peluche blonde aux grands yeux noirs tend ses bras vers l’enfant, semblant vouloir dire : « viens me rejoindre ». Jeremy adore Oscar, son seul ami. Tous les soirs, il lui parle, lui confie ses joies et ses malheurs. Jamais, il ne l’a déçu, son sourire figé étant comme un gage de fidélité et de loyauté.

Un claquement sonore fait brusquement trembler les murs de la chambre. La porte d’entrée. Des pas puis une voix d’homme.

c’est moi !

D’un bond, Jeremy s’est jeté sur son lit, la bouche grande ouverte, comme si, tout d’un coup, il était privé d’air. La douceur confinée de la chambre d’enfant a maintenant fait place à une sensation de malaise accentuée par les lueurs orangées du crépuscule.

il est où, Jerem ?

L’enfant, comme en apesanteur, est figé par la peur.

dans sa chambre, répond une voix féminine

Tout va donc recommencer. Comme tous les jours ou presque. La même frayeur, la même douleur, la même honte.

Pendant qu’il entend les pas gravir les escaliers, Jeremy sort de sa torpeur. Non, non, je ne veux pas, je ne veux plus. Il se précipite vers la boite de marqueurs posée sur son petit bureau et, à l’aide du plus gros, dessine deux crocs énormes en lieu et place du sourire d’Oscar. Se saisissant alors de la peluche, il regagne le coin de son lit, près du mur, tout en se dissimulant derrière le nounours. Caché ainsi, on ne voit plus que le bout de ces deux petits pieds qui dépassent de la couette à fleurs.

La porte s’ouvre sur la stature d’un homme portant barbe et moustache.

où te caches-tu, petit coquin ?

L’homme découvre alors un énorme ours en peluche, les deux bras levés en l’air, le fixant d’un air menaçant. Il devine derrière cette scène incongrue, la frêle silhouette du garçonnet immobile.

Interloqué, l’homme semble hésiter un instant. Il s’approche à peine du lit et semble découvrir la chambre de son fils. Puis, soudain, il baisse la tête, comme sonné. Il se passe encore un moment avant que l’homme, sans un bruit, quitte la pièce en refermant la porte derrière lui.

Jeremy n’a pas bronché. Il attend que les pas s’éloignent. Brusquement, d’un revers de manche, il frotte le museau de la peluche.

pardon, Oscar, pardon, je ne voulais pas t’abîmer. Mais tu m’as sauvé la vie, tu sais,  merci, Oscar, merci.

Et tout en sanglotant, Jeremy serre contre lui le pauvre nounours qui doit penser que ce n’est pas une sinécure qu’être le préféré d’un petit blondinet. 

http://www.sylvie-tribut-astrologue.com/wp-content/uploads/2011/05/ours-en-peluche.gif

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Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 15:25


Dernier bain de l'année ... See you in 2012

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Lundi 5 septembre 2011 1 05 /09 /Sep /2011 17:49

concours 116 b - thème : des vacances qui commencent bien et qui se terminent mal.

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La boulangère relit avec satisfaction l’affichette qu’elle vient de confectionner : « fermeture pour congés annuels – réouverture le mardi 27 août ». Munie d’adhésif, elle se plante devant la porte d’entrée du magasin. C’est ce moment que choisit Madame Pitois pour surgir de la rue Martinot :

 

-          alors, Madame Choupinot, bientôt les vacances on dirait ?

-          ouiiiii, dès demain, je m’envole pour les Baléares.

-          Ah, oui, les Baléares, bah, c’est plus ce que c’était. La foule, le béton, les insectes et puis cette horrible maladie.

-          Une maladie, dites-vous ?

-          On ne sait pas très bien d’où cela vient, ça se met dans les aliments et ensuite, des douleurs au ventre et tout ce qui s’ensuit, vous voyez ce que je veux dire. Souvent cela se termine à l’hôpital ou pire. Bon, hé bien, bonnes vacances à vous, Madame Choupinot.

Un petit sourire aux lèvres, Madame Pitois disparait sans demander son reste.

Stupéfaite, la boulangère regarde sa cliente s’éloigner et retourne dans sa boutique en haussant les épaules. Depuis le temps qu’elle attend ses vacances, ce n’est pas cette mégère qui va lui gâcher son plaisir.

Et comme elle l’espérait, le séjour débute sous les meilleurs hospices : voyage sans encombre, hôtel confortable, nourriture abondante et variée. Grâce à sa formule « tout compris », Madame Choupinot peut donner libre cours à sa gourmandise. Le restaurant ouvert en continu favorise ainsi l’exercice de son péché favori. Les trois premiers jours, elle goûte à tout, sans exception, mélangeant cuisine traditionnelle et spécialités locales. Tout ceci arrosé, comme il se doit, de sangria et de « vino tinto ». Le matin du quatrième jour, notre boulangère se réveille avec une étrange douleur qui la paralyse de stupeur. Aussitôt, elle repense à sa conversation avec Madame Pitois et se sent encore plus mal. La terrible maladie aurait-elle fait d’elle sa nouvelle victime ? S’armant de courage, la vacancière se traîne jusqu’à la table du petit déjeuner mais la nausée lui vient. Le midi également et le soir tout autant. Les jours qui suivent, rien n’y fait, elle ne peut plus avaler la moindre bouchée. Si bien qu’à la fin de son séjour, Madame Choupinot n’est plus que l’ombre d’elle-même. C’est dans un état d’extrême faiblesse et quasiment déprimée qu’elle rentre en France. A sa descente de taxi, le hasard fait qu’elle se retrouve nez à nez avec Madame Pitois. A croire que celle-ci attendait son arrivée.

-          Dieu du ciel, Madame Choupinot, que vous est-il donc arrivé ? Vous semblez ne pas tenir sur vos jambes.

La boulangère, l’œil glauque mais néanmoins piquée au vif, ne veut pas avouer à sa cliente ses vacances ratées. Elle tente alors d’éluder la question.

-          un léger embarras, rien de d’autre, demain il n’y paraîtra plus.

-          Moi, je dis qu’un … embarras comme vous dites, c’est toujours la punition pour une mauvaise action que l’on a faite !

Savourant l’effet produit par son petit couplet, Madame Pitois enchaîne vivement :

-          en tous les cas, ma pauvre, ce n’est pas ce que vous allez voir qui va vous remonter le moral !

Et d’un geste théâtral, elle tend le bras, laissant la boulangère, éberluée, découvrir, en lettres blanches peintes sur sa vitrine, l’inscription suivante : « la Choupinot est une grosse gourmande radine ».

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Bienvenue.. in the mood !

ce qui fait la vie,

des tranches de vie, de ma vie

des photos, des parfums...

laissez vous guider, bonne promenade...

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Les écrits publiés sont de ma plume

certains sont assez anciens

certains sont beaucoup plus récents...

notamment les derniers écrits à l'occasion

de ma participation à des ateliers d'écriture

 

Bonne lecture.

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